Un film d’horreur.

Bientôt, sur vos écrans, le film le plus terrifiant que vous n’ayez jamais vu. Toute une population de jeunes terrassés par le plus vilain démon de l’histoire: la crise existentielle. Vous ne pouvez y échapper, elle vous rattrappera toujours, où que vous soyez.

Vous perdez toute envie d’interaction avec le monde, toutes vos ressources, il n’y a plus aucune solution. Tout devient flou, vous vous perdez vous-même dans un énorme trou noir.

« Je ne vois plus le but de vivre, ça ne me donne plus rien. Je regarde le présent ou des choses qui m’arrivent et ce que je veux avoir, je ne l’aurai jamais. Et je regarde le futur, manqué comme de raison parce que je n’aurai pas su m’y investir. Je ne me sens plus capable de faire les choses. Je me vois, dépendant affectif, misanthrope, gêné, un perdant… [...] »

Comme bande-annonce, avouez que ça pourrait attirer beaucoup de monde. Personnellement, je trouve qu’on manque de ressources exploitables pour faire face à la crise existentielle. On a des infirmières qui viennent nous parler de la sexualité à chaque année, mais on en fait quoi de la dépression chez les jeunes? Comme si le suicide était moins important qu’une chlamydia.

« Prouve-moi que ça vaut la peine de rester. »

Parce que maintenant, il faut une raison pour accorder de l’importance à la vie. Où est l’optimisme dans ce monde où tout ce qu’on met en première page du journal ce sont des images de guerre et de tristesse?  On nous demande de voir la réalité telle qu’elle est, tragique. La seule chose qui n’a plus de valeur aujourd’hui, c’est celle qu’on accorde à l’argent. On devrait peut-être mettre un prix à la vie. Cent dollars pour naître, et deux-cent dollars pour avoir le droit de vieillir. Un loyer sur le corps que tu emprunte pour vivre ta vie.

La vie a une valeur, mais elle ne s’exprime pas en dollars. Lorsqu’on commence à se demander si la vie a un but, on arrive automatiquement à la réponse non. C’est inévitablement vrai, cependant. Nous existons hors de toute logique. Mais lorsqu’on se demande «à quoi bon?», c’est là que notre propre vie perd tout son sens. Nous avons des buts et des rêves. Et certains n’y voient pas l’intérêt si la conclusion à tout ça, c’est mourir et que le cycle recommence. Pourtant, on a droit à chacun notre propre conclusion. Notre vie, notre existence a le sens qu’on veut bien lui donner.

Le courage que ça demande pour tirer sur la corde, pour lever le pied au-dessus du vide, est-il équivalent à celui que ça prend pour faire face à la vie elle-même? Parce que rien n’est facile, et c’est le message qu’on veut envoyer à nos jeunes dès le plus jeune âge. Il faut connaître ses limites. Ne pas se fixer des buts trop hauts. Parce que c’est difficile de remonter la pente.

Mais qu’en est-il du dépassement de soi? Est-ce qu’on nous apprend vraiment à avoir confiance en soi? La crise existentielle consiste, selon moi, à se demander au bout du compte, ce qu’on vaut et à quoi ça sert. Il faut non seulement le courage de vivre, mais les capacités de le faire. Et chacun, on les a, sinon on n’existerait même pas. Demandez à quelqu’un de dépressif ce qu’il a fait de bon dans la vie, ses talents, ses qualités. Pourra-t-il en nommer une seule?

Enfoncés très loin dans la dépression, de quoi ont peur ceux qui en souffrent? De ne plus en ressortir, ou finalement, que tout redevienne normal? Il y a une différence entre la réalité et le monde parallèle dans lequel on se plonge dans cet état? Plus creux vous êtes, moins vous avez le courage d’en ressortir.

J’ai appris qu’on a retrouvé un garçon d’une vingtaine d’années mort dans le garage du copain de ma soeur.  Il s’est pendu. Ma soeur est sortie de chez moi en pleurant. Coïncidence, j’étais en train d’écrire cet article.

J’ai appris que ce garçon s’est suicidé. Tout ce que j’ai trouvé à dire: « Es*i que le monde est cave. » Je donne présentement à cet article on tournant plus personnel. Ce que je ne voulais pas au début. J’ai cependant l’impression d’avoir mis plus de temps à cet article qu’à n’importe quel autre. Choisir mes mots, choisir les liens, ce qui peut ou ne peut pas être dit.

J’ai donné mon opinion très directe sur le suicide à un ami, sans me censurer, à coeur ouvert, sur le choc du moment.

« Le suicide, ça ne me fait pas pleurer. Je trouve ça ridicule. Je trouve ça épais.  Je ne respecte pas l’acte accompli, mais si j’ai l’occasion de dissuader quelqu’un, je vais le faire. Je tiens beaucoup aux gens. On n’a pas toujours l’occasion de prouver combien on tient à eux. Y’en a qui ne le sauront jamais. Qu’est-ce qui vaut plus la peine? De vivre, de rencontrer des gens, pleurer et même rire. Ou bien rien du tout? Parce que présentement on a tout. On peut tout faire. Mais mort, on ne peut rien. »

Et après la réplique de mon ami:

«On ne sais pas. Je crois personnellement que la mort nous apporte en effet la fin. Pas d’esprit, pas de dieux, pas de survivances quelconque. Ce qui donne envie de ce suicider, c’est ça justement. C’est le fait que lorsqu’on voit la vie qui n’apporte rien, on ne veut plus y rester, on ne veut plus continuer à vivre. À plusieurs reprises, la seule choses qui m’a gardé ici, c’est l’amour que je porte à une personne en particulier. Mais maintenant je me décourage.

En effet, il ne faut pas acclamer le geste. Même pas le respecter. C’est un geste lâche. Mais quand on est rendu à accepter le fait que les autres puissent penser ça de nous, mais que ça ne changera rien parce qu’on sera parti, il ne reste plus grand temps. C’est pour ça que ça ne m’a pas pris de temps pour tomber amoureux. J’avais besoin d’une accroche et elle a été la. Elle a été là, la meilleure amie que j’ai pu avoir et que j’ai toujours. Elle m’a aidé et a été là au bon moment. Maintenant, c’est mon accroche et à plusieurs reprises, elle a été la raison de ma présence le lendemain. Parce que même si tout va trop vite, même si je n’y comprends rien, la seule chose que je sais c’est que mardi je vais la voir et elle va, par sa simple présence, me donner un sourire. Je ne vois plus le reste, j’essaie de l’oublier le reste. »

Plus rien ne me reste à dire.

Cet article a été écrit avec la collaboration d’un mouton, d’un wombat et d’un bon ami. Karine, Gabrielle et Maxim. Il reste  toujours en suspens. J’ai l’intention d’y retravailler. Soyez indulgents et donnez vos commentaires et suggestions.

31 Commentaires

  1. Maxim a dit,

    juin 7, 2009 à 19:09

    Bien. J’aime la facons que tu as en effet placer ces citations.

    Peut-etre que je suis trop creux pour le voir, mais il me semble manquer une fin a cette article. Il me semble manquer une conclusion a ce film. “Plus rien ne me reste a dire” n’es pas une conclusion valide.

    Je dois peut-etre préciser que ceci es souvent un cercle vicieux rendu a un certain point. Sa commence par une chose qu’on es plus capable d’accomplir, ensuite vien la honte de ne plus savoir le faire et ensuite vien l’embarras de perdre le reste des choses qu’on peux faire, etc.

    Je n’ai pas réussi a faire pause sur ce cercle vicieux, ce qui donne les citations donnés dans ton article (laisse moi le loisir de dire que celles-ci venait d’une conversation que j’ai entretenue avec toi). Je ne vois plus le bout et il n’y a pas une journée ou je pense a me suicider.

    “Quesqu’y t’en empeche?” – Ma psychologue
    “Et, bien, je ne le fait pas… parce que… Et bien…” – moi même

    Les raisons de vivre devienne inexistante, mais parfois, lorsque ce n’es pas l’amour, s’est juste quelques chose qu’on ne comprend pas.

    Je ne comprend plus le monde autour de moi. Je ne vois plus ce qui es vu par tous. Je n’ai plus les même inhibitions. A quoi sa sert de continuer alors? A chaque fois qu’un chose bien m’arrive, je suis content pour 5 secondes ensuite je retombe pour les 23H59 minutes et quelques. Je trouve ce ratio ridicule.

    Il ce peut très bien que ce commentaire sois mélangeant… J’ai de la difficulté a me concentrer.

  2. Pedro a dit,

    juin 7, 2009 à 19:18

    Maxim, j’ai beaucoup apprécié ton commentaire. Grâce à toi, j’ai donné un nouveau tournant à mon article. Au départ, je voulais peut-être divulguer un message d’espoir, essayer de donner des solutions. Mais ton témoignage vaut plus que ça. Que tu y apportes tes propres visions de ce que tu vies, c’est inestimable.
    Merci pour tes commentaires et tu as raison qu’il manque une fin à cet article. J’avais justement peur de ne pas trouver de dénouement adéquat à ce film. Je ne l’ai pas encore trouvé. Mais ce projet reste interminé. J’y retravaillerai.

  3. Éloi a dit,

    juin 7, 2009 à 20:05

    Excellent article, ça met en perspective les visions convergentes qu’on peut avoir du monde et, en fait, je ne peux pas faire de commentaire qui soit mieux que ce qui a été écrit… je vais essayer, tout de même.

    En lisant ce texte, j’ai eu l’impression d’entrevoir une infime partie de ce que les dépressifs peuvent vivre, et ça m’a fait peur. Réellement peur. J’ai vu durant cette impression l’ampleur démesurée que peut prendre un évènement, si petit soit-il aux yeux des gens aux alentours, mais oh! combien douloureux pour ces gens en crise existentielle. Pourtant, jamais je ne pourrai comprendre enentier ce que tu ressens ou vois et le mieux que je puisse faire, c’est donner des encouragement et tenter de comprendre. Le mieux que je puisse dire, c’est : ” la vie va te sourire, faut seulement être patient ”…nah, en fait c’est un message simplet et vide de tout sens, vrai pourtant. Le mieux que je puisse dire, c’est : ”Mets tous les efforts que tu peux pour remonter la pente. Même dans l’adversité, ne lâche jamais. Quitte à souffrir plus longtemps à coups de thérapies, d’efforts mentaux surhumains et d’anti-dépresseurs ou de trucs du genre, c’est mieux que de retomber plus creux et d’être obligé de recommencer. Parce que, vois-tu, le jour viendra où tes efforts seront récompensés, où les nuages disparaîtront pour laisser la place au soleil. Tu verras alors que tout n’est pas si tragique, que les choses que tu voyais de façon démesurée passaient inaperçues aux yeux de tous. Et ce jour, tu verras que la vie vaut la peine d’être vécue, que tu es le seul maître dans ton bateau et que tu peux faire ce que tu veux. Tu verras également des choses qui t’étaient invisibles auparavant et qui ajoutentu bohneur dans la vie de tous les jours.” Ainsi doit être ta vision des choses. Et ainsi il faut voir la vie si on veut être heureux. Cependant, chacun doit s’aider pour y arriver et être prêt à mettre tous les efforts possibles. Vrai aussi que la vie n’a pas de but défini; à toi d’en fixer un et de le poursuivre. Suis tes passions, fais ce que tu aimes , vis au moment présent (sans compremettre le futur, quand même…): c’est le mode d’emploi pour une vie heureuse. Il faut également savoir saisir les occasions quand elles se présentes, mais pour se faire, il faut y prêter attention. Elles prennent toujours une forme différentes, et c’est en étant patient et disposé qu’on les aperçoit.

    P.S.: À noter que le commentaire ci-haut provient d’une conrsation MSN, donc il est fort probable qu’il y ait quelques incohérences, erreurs de frappes et changement brusque de destinataire (du général au tu, par exemple.)

  4. Pedro a dit,

    juin 7, 2009 à 20:09

    Éloi, on s’en foue que ça contienne des incohérences. Merci beaucoup pour ton commentaire, presque aussi long que mon article, je devais le préciser. Je suis contente que tu aie entendu le message que j’ai voulu passer. Et je trouve que ton commentaire apporte peut-être de la précision sur ce qui était nébuleux dans mon texte. Et puis je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Je vois les choses de la même façon.

  5. Kakarine a dit,

    juin 12, 2009 à 19:13

    Moi, j’trouve que ça fesse.
    Chaque personne qui a réellement vécu un feeling vraiment profond de “j’veux mourir” a besoin d’un coup d’pied dans l’cul, mais j’suis en désaccord quand tu dis que c’est lâche. J’trouve que c’est extrèmement courageux, et que c’est impossible d’en vouloir à quelqu’un qui jugeait que sa vie avait plus besoin d’avancer.

  6. Pedro a dit,

    juin 14, 2009 à 21:33

    Merci pour ton commentaire Karine. Mais précise le ”tu”. Je n’ai pas dit que c’était lâche.

  7. Sébastien a dit,

    juin 25, 2009 à 14:47

    Qui es-tu pour désigner la lâcheté? Le plus courageux est-il celui qui s’enfonce dans cette routine qu’est la vie, ou celui qui ose y mettre fin pour découvrir une autre expérience ? Et je suis désolé, TU as écrie caroline: ”C’est un geste lâche”.

  8. Pedro a dit,

    juin 25, 2009 à 19:08

    Non, Sébastien, c’était une citation de Maxim. Ce que J’ai dit était: « Le courage que ça demande pour tirer sur la corde, pour lever le pied au-dessus du vide, est-il équivalent à celui que ça prend pour faire face à la vie elle-même? ».

  9. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 04:07

    Etre indulgent ? Alors que ce que tu écris est un ramassis d’idées reçues sur le suicide, sur l’idée de disparaître, du non-être, en ne faisant que répéter le mot d’ordre “nous sommes en vie donc vivons”. Pourquoi ? Au nom de quelle norme suprême, faudrait-il vivre à tout prix, peu important que nos forces défaillent constamment, que le corps débile s’enfonce dans la souffrance ? Que l’esprit, l’esprit n’a d’esprit plus que le nom et erre de prisons en prisons, de camisoles en camisoles ?
    Quelle lâcheté dans le suicide sinon celui d’en finir, d’accepter le remède ultime à la vie, de faire taire les milles venin qui nous rongent les sangs ?!
    Comment peut-on asséner avec une telle satisfaction de pareils lieux communs “Le courage que ça demande pour tirer sur la corde, pour lever le pied au-dessus du vide, est-il équivalent à celui que ça prend pour faire face à la vie elle-même?”. Il faut sortir du dualisme courage/lâcheté, cette grille de lecture est périmée, elle pue au moins autant que ton texte.
    Tous les suicidés ne sont pas des dépressifs, ne pas reconnaître la vie pour plus qu’elle n’est c’est être dépressif ?C’est une manière discrète quoi qu’efficace de jeter le discrédit sur eux ! Allons donc la dépression est l’étoile jaune du siècle, la marque infâme, le chiffre de la bête cousue sur les poitrines fragiles…
    Si demain je me suicidais ce qu’il me faudrait déployer de trésors d’imagination, de précisions forcenées pour éviter seulement d’être considéré comme dépressif. La vie est absurde, point ça commence et s’arrête là, nous pouvons en partir sans lâcheté ni courage. Quand nous sommes fatigués, nous dormons, quand nous sommes malades nous nous soignons, et les maladies trop graves, les cancer trop affamés nous tuent. Dans la tête c’est tout à fait pareil, si la violence d’un chagrin nous dévaste pourquoi ne pas en périr ? Pourquoi ériger cette chair, cette chair fragile, tremblante, flasque comme suprême étalon, nouveau-dieu ? Et la préserver de toutes meurtrissures.
    Te rends-tu compte de ce que tu écris, que ta raison de la vie c’est le petit rapport, la minuscule interaction que toi, Caroline, entretiens avec ton amie. C’est d’un égoïsme vertigineux, ton nombril est une matrice ? Il faudrait arrêter de voir dans ton rapport à l’autre la cause de ta vie, le but de ta vie. Il est des amitiés qui dure grâce à certains silences. Mais globalement non, tout est mensonger. L’accroche ça doit être du spirituel, du quasi-divin, de l’Art, de l’écriture, la puissance de vivre ce n’est pas “voir le sourire de son chéri” ou sa bite ou ses mains, c’est se sentir animé d’un souffle personnel et impermutable, c’est être pris de folie à Florence, c’est sentir le monde sous ses pas, chaque respiration de l’Univers captée par l’artiste !

  10. Maxim a dit,

    juin 28, 2009 à 11:57

    Boudi, ton dernier paragraphe me concerne. Non, ce n’es pas Caroline qui a dit sa. Il s’agit bien d’une citation venant de la conversation qui lui a inspiré ce texte.

    Aujourd’hui, je ne vais pas mieux. Mais ce qui me fait vivre ces de savoir que j’ai encore des moments a passer avec elle. Je sais que je ne dois pas pensé sa. Mes amis, incluant Caroline, m’ont dit que ce n’était pas sa qui devait m’animer.

    Je fait de l’art. Je joue plus de 5 instruments. Mais le “souffle” que toute cette créativité m’apportais autre fois, ne m’affecte plus. J’ai beau recherché et recherché, je ne trouve plus.

    Je ne fait pas exprès de m’accrocher a elle. Mais s’est la façon que j’ai de vivre et non pas de survivre. Les petits moments que j’ai avec elle.

    Je ne te demande pas d’agréer (Je suis désolé si le mot n’es pas bon, j’ai tendances a perde le français l’été. C’est “agree”) avec ce que je dit. A vrai dire je ne sais même pas pourquoi je répond.

    La dépression cause l’envie de ce suicider. Tu partage l’avis d’un autre de mes amis, avis que je ne partage point. Par contre je suis d’accord avec le premier paragraphe. Il n’y a pas de lois universel qui m’empêcheras de sombré lors que j’atteindrai le paroxysme de cette douleur insoutenable. Mais pour l’instant, je me contente de la voir.

    “…ne pas reconnaître la vie pour plus qu’elle n’est c’est être dépressif ?” – Boudi

    Et bien, oui.
    La dépression part du point et de la façon de voir les choses.

  11. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 12:22

    Il n’y a pas d’avis mais des faits, et je suis au regret de t’annoncer qu’ils sont extrêmement têtus.
    “On ne fait pas de l’art”, ou sinon que quand on est ruisselant d’anglo-saxonisme coloré de protestante croyance, on ne fait pas l’Art, on crée, on oeuvre, on s’enflamme. Faire de l’art, comme on fait de la moto, cette conception marchande toute issue de l’Amérique totale. Beurk, affreux.
    La dépression cause l’envie de se suicider, elle est une maladie qui déclenche en soi des torrents, c’est un cancer qui nécessite une action positive de l’être humain qui en est victime. Nul remède, rien jamais qui puisse permettre l’analeptie.
    La vie est absurde soit l’on s’en contente et alors l’on est normal, heureux jovial, soit on le constate et le refuse et alors l’on est dépressif ? Allons donc un peu de sérieux !

    “Je ne te demande pas d’agréer” est correct, peu banal mais correct

  12. Maxim a dit,

    juin 28, 2009 à 12:33

    “…on ne fait pas l’Art, on crée, on oeuvre, on s’enflamme. ” – Boudi

    J’eu déja fait ceci. Je comprend. Mais ce que je voulu exprimer c’était que maintenant, je n’arrive plus a le faire.

    “La vie est absurde soit l’on s’en contente et alors l’on est normal, heureux jovial, soit on le constate et le refuse et alors l’on est dépressif ?” – Boudi

    C’est en effet ce que la société envois comme image. Être heureux ou ne pas l’être. Quelqu’un qui n’es jamais ou presque heureux, es dépressif.
    Comment être heureux dans un monde qu’on n’accepte pas? Selon l’image de la société, un homme qui n’es pas heureux es dépressif. Si il ce suicide parce qu’il vois le monde de son absurdité, s’est parce qu’il n’es pas heureux d’y être. Donc, selon l’image de la société, Suicide=Dépressifs.

    S’est l’idée que je m’en fait, du haut de mes 16 ans…

  13. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 12:38

    Une image d’Epinal (je ne sais pas comment vous diriez chez vous) n’est pas juste, c’est un truisme, un cliché, une apparence de vérité. La Terre semble plate, l’est elle par tant ? Non. Ce n’est pas parce qu’on érige dogmatiquement une vérité qu’elle est vérité, ce n’est pas parce qu’on assène un “bien-vivre” qu’il s’agit effectivement du bien vivre.

  14. Maxim a dit,

    juin 28, 2009 à 12:40

    En effet, il n’y a rien a dire.

    Mais qui décide de déclarer la depression? La société, non? Et bien cette société vie dans cette image.

  15. Pedro a dit,

    juin 28, 2009 à 14:23

    Boudi, je comprends quant à l’approche de mon écriture, que ce soit plat et pauvre. Mais en mon opinion à moi, le suicide n’est pas une solution à envisager lorsqu’on souhaite se ”révolter”. Je ne considère pas ça lâche, ou plutôt, je trouve que c’est seulement lâcher prise. Tu m’as dit qu’il ne faut pas renoncer, se laisser marcher dessus. Je pense que le suicide, c’est le faire. Si tu trouve que la société est imparfaite, changes-la. Mais mourir ne fera que donner raison à ce qui est plus fort que toi.

  16. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 14:26

    En quoi ? Ce qui est plus fort que toi l’est et pas uniquement du fait de la servitude volontaire, tu nais pour être broyée, tu ne peux manœuvrer que dans d’étroits torrents alors que l’on se voudrait tous Cartier (note la référence au découvreur de ton pays). Le suicide c’est le doigt d’honneur suprême, l’extrême expression de ta liberté, de ton individualité et si tu ne peux rien faire après, si tu n’es juste plus, et alors ? Tu menaces, tu menaces le lien social, la solidité des fondements du monde. Il n’y a rien de plus révolté qu’un suicide commun, il n’y a qu’à voir les réactions qu’ils déclenchent. Si nous mourrions comme nous naissions, la société telle que connue tremblerait de toutes ses forces, nous aurions accroché à nos veines des auxiliaires de santé robotisés. Tu ne peux pas changer le monde, tu ne peux pas, tu peux mourir ou t’isoler, recréer le monde, une société à ton image.

  17. Pedro a dit,

    juin 28, 2009 à 14:32

    Je ne crois pas qu’il n’y aie aucune solution. Moi, sans raison, j’ai le goût de vivre. Je trouve qu’elle en vaux la peine, malgré ses défaut, cette vie. Je l’aime, c’est comme je suis.
    Mais je t’avais déjà parlé de la confiance en soi, je pense. Et avec ça, peut tout faire. Rien n’est plus fort que nous. J’en suis certaine…
    Ouais, les rêves de la jeune fille à l’imagination fertile.

  18. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 14:49

    Le goût de vivre parce qu’on te l’inculte, on te formate, on te broie pour t’insurger par principe contre le dégoût de vivre. Tu vois c’est comme jadis sans savoir l’on se révoltait contre l’homosexuel ou l’athée. Le suicidé c’est quoi, le juif, l’homosexuel, le noir, et l’athée d’hier, tous ensemble réunis dans sa carcasse qui pour morte n’en est que plus pestilentielle.
    Oui, des rêves de jeune fille, t’es bourrée d’illusions comme un clodo est bourré au vin rouge, l’aube, c’est à dire l’âge adulte, dissipe tout ça et ne laisse que de violentes migraines.
    Attention au réveil. A tous les réveils, à celui de l’amour, à celui du coeur, à celui du regard.

  19. Pedro a dit,

    juin 28, 2009 à 14:52

    Moi je crois le contraire. Qu’on nous formate pour devenir ”dépressifs”. Au contraire, celui qui a le goût de vivre est le marginal. L’imbécile heureux, comme certains l’appellent. Le suicide est à la mode. être homosexuel est à la mode. Tu l’as dit, même le non conforme est conforme, de nos jours.

  20. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 14:56

    T’es sérieuse là ? C’est une dépression conforme dont tu parles là, d’une qui s’évapore passée dix-huit ans, c’est l’ivresse de la jeunesse dont tu me causes, rien d’autre. Cette lucidité étrange qui est le propre de l’adolescence. Je m’en branle de la tristesse conçue, marchandée, celle qu’on achète en bonus d’un cd de marylin manson ou de tes fringues emo, je ne parle pas de ça, je parle de spleen et de mélancolie moi, je parle de dégoût profond et vertigineux !

  21. Pedro a dit,

    juin 28, 2009 à 15:00

    Étrange qu’un CD de Marilyn Manson m’apporte de la bonne humeur alors qu’il transporte le contraire.

    Mais le dégoût profond existe-t-il vraiment? Il y a quand même la peur. Je ne connais personne à ce point, peut-être toi, à l’encontre des vents. Mais toi, te suiciderais-tu?

  22. boudi a dit,

    juin 28, 2009 à 15:03

    C’est juste affreux, mauvais, manipulant M.M point, c’est de la sous-sous-sous musique. C’est un mauvais artiste mais un escroc virtuose.
    Oui, j’attends d’écrire un truc monstrueux de beauté violente si je le puis. De faire sortir mes tripes sur papier imprimé en milliers d’exemplaire. Je l’ai toujours dit, toujours écrit. Je me pendrai moi aux jambes d’une jolie fille pour périr.

  23. Pedro a dit,

    juin 28, 2009 à 15:08

    Alors je ne puis commenter ceci. Je comprends et j’aime tes points de vue, sans les partager. Le mieux que je puisse dire est de faire ce dont tu as envie, et de ne satisfaire que toi, non les autres.

  24. boudi a dit,

    juillet 1, 2009 à 16:01

    Tu es en panne d’écriture sur ton blog ?

  25. Gabrielle a dit,

    juillet 2, 2009 à 01:01

    Je dirais plutôt qu’elle est occupée avec sa vie hors du Net.

  26. boudi a dit,

    juillet 2, 2009 à 02:48

    Ecrire ça ne se commande pas, surtout ça ne se limite pas. Il n’y a rien aucune vie, aucune occupation qui sait borner le besoin d’écrire quand il est sincère.

  27. Maxim a dit,

    juillet 2, 2009 à 08:16

    Ouais, en effet. Mais elle es obligé de l’avoir? Non.

  28. Pedro a dit,

    juillet 4, 2009 à 12:54

    Je n’ai pas besoin d’écrire dernièrement, effectivement. Mais oh là, j’ai l’impression que mes amis livrent une «guerre», qui ne devrait pas avoir lieu, à ma place. Continuez donc de remplir mes commmentaires, mwahahah.

    *Rire machiavélique*

  29. Gabrielle a dit,

    juillet 6, 2009 à 15:29

    Max, j’aime ta réplique ♥

  30. Maxim a dit,

    juillet 6, 2009 à 17:29

    Haha, lol!

  31. juillet 14, 2009 à 22:06

    Et que faites-vous à propos de la psychologie de l’inconscient dans tout ceci?


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